Alex-Mot-à-Mots

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Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

Simo HILTUNEN

12-21

15,99
11 juillet 2021

Finlande, policier

J’ai rarement lu de polar finlandais, et j’ai beaucoup aimé celui-ci.

Nous suivons Lauri Viki, journaliste spécialiste des affaires criminelles qui décide d’écrire un article de fond sur les familicides.

Cette narration première est entrecoupée de souvenirs de l’enfance de Lauri avec son frère Tuomas, son père qui les battait comme plâtre et sa mère qui subissait.

Il a été brièvement marié à Paula, ils ont eu une fille Aava, mais Lauri a choisi de quitter sa famille pour leur bien.

J’ai aimé me plonger dans la vie de Lauri, constaté ses efforts pour ne plus toucher une goutte d’alcool.

Mais l’enquête de Lauri l’amène à se poser des questions sur ces familicides et faire sortir le loup du bois.

Un roman qui m’a plongé au coeur des familles violentes et du courage des enfants pour ne pas reproduire le même schéma.

L’image que je retiendrai :

Celle du loup, qui fait son apparition au fil des pages, en animal ou en l’homme.

https://alexmotamots.fr/si-vulnerable-simo-hiltunen/

18,50
11 juillet 2021

Japon

J’avais beaucoup aimé le précédent et premier roman traduit en français de l’auteur Mémoires d’un chat.

C’est avec plaisir que je retrouvais sa plume dans un contexte très différent : nous sommes sur la ligne Takarazuka-Nishinomiya dans la province du Kansai (Osaka).

La première partie se déroule au printemps, et la seconde en automne. Les chapitres portent le nom d’un arrêt où montent et descendent des passagers. Nous en suivons certain.

J’ai aimé les premiers, qui se rencontrent dans une bibliothèque, elle avec son sac Mickey et lui qui arrive toujours trop tard pour prendre un livre. Ensemble dans le train, elle lui fait remarquer le symbole vie sur une berge que surplombe le train.

J’ai aimé la grand-mère et sa petite fille, les conseils qu’elle donne à certaines passagères. J’ai aimé son indépendance.

J’ai aimé le paysage du printemps et de l’automne.

D’autres personnages m’ont moins marqué, mais j’ai aimé les retrouver dans le trajet retour de l’automne.

Un bémol : parfois le vocabulaire de la traduction m’a heurté (la narration est en langage soutenu, mais parfois des mots frustes parsèment le récit).

L’image que je retiendrai :

Celle du parfum du compartiment qui empoisonne l’atmosphère.

https://alexmotamots.fr/au-prochain-arret-hiro-arikawa/

1 juillet 2021

nouvelles

Suite au mois de la nouvelle et aux bons conseils de différent-e-s blogueur-euses, j’avais très envie de lire ce recueil de la collection Terres d’Amérique.

Je sors de ma lecture circonspecte : j’ai lu de courtes histoires se déroulant dans le Montana ou les états environnants, mais je me suis à chaque fois demandé où voulait en venir l’auteur.

Certes, j’ai pris plaisir à chercher les correspondances entre les nouvelles : le champ de bataille de Little Bighorn et la défaite de Custer ; la tribu indienne des Crows ; les chiens et les chats.

Je n’ai pas aimé la violence larvée présente en embuscade dans chaque histoire.

A la fin de chacune d’elle, j’ai eu la désagréable sensation que l’auteur me laissait là en plan.

Et même si certains personnages sont attachants, ce ne sera incontestablement pas une lecture qui me restera en mémoire.

L’image que je retiendrai :

Celle des indiens Crows qui racontent n’importe quoi aux blancs et ceux-ci les croient.

https://alexmotamots.fr/courir-au-clair-de-lune-avec-un-chien-vole-callan-wink/

18,00
1 juillet 2021

famille, thriller

De l’auteure, j’avais adoré L’art du meurtre, se déroulant dans le milieu de la peinture.

Ce second roman, vivement conseillé par ma libraire préférée, ne pouvait que me plaire.

Changement total de décor : nous sommes en Provence, dans une maison de famille ultra-sécurisée. Les deux parents sont morts et les 5 frères et soeurs se retrouvent pour la lecture du testament.

Mais les vieilles rancœurs resurgissent, les suspicions sont tragiques.

Il y a Philippe, l’aîné qui a couché avec la femme de Mathieu, le second.

Il y a Solène, la petite dernière à qui ses parents ne pouvaient rien refuser.

Il y a Garance, qui a perdu son étoile de cheffe et ses deux restaurants.

Et enfin David, arrivé tout bébé dans la maison.

J’ai aimé que le roman s’ouvre et se ferme avec la voix de la maison qui a vécu le drame et connait le fin mot de l’histoire. Elle qui a fermé ses volets électriques le soir et ne les a rouvert que le matin, maintenant les enfants prisonniers.

J’ai aimé découvrir petit à petit les névroses des personnages, parents et enfants, leur histoire et leurs rancunes.

J’ai aimé ce doute qui plane tout le temps.

Enfin, j’ai aimé, en début de roman, le parallèle avec la maison de Frank Lloyd Wright.

L’image que je retiendrai :

Celle des émotions noirs qui sont les prémices du drame.

https://alexmotamots.fr/le-sang-des-belasko-chrystel-duchamp/

18,00
1 juillet 2021

deuil, mère

J’avais entendu une interview de l'autrice sur France Culture il y a quelques semaines qui m’avait intéressée. Un article dans "Lire" m’a convaincue de découvrir ce texte.

Je dois dire que j’ai été dubitative en lisant ce journal de deuil.

D’abord parce qu’il a parfois résonné en moi, mais surtout parce que je ne vis pas le deuil de la même façon que l'autrice. Je me suis parfois sentie très éloignée d’elle.

Quelques citations :

Tu n’as jamais cultivé ton jardin. (p.11)

Pourtant, je m’apperçois que je suis aussi capable de donner naissance au monde. Ca pousse, ça pousse. Les fleurs travaillent toutes seuls à exister. (p.53)

Je me régalais, éberluée que la vie soit simplement à portée de main. Dans le jardin. (p.67)

Le passé ne sert à rien. Il n’y a pas à le ruminer. Ton mari et toi partagiez cette façon de vous taire sur vos souffrances les plus violentes. Là-dessus, je ne serai pas votre fille. (p.106)

Néanmoins, dans ce retrait où ton existence s’était installée, toi qui t’étais pris l’Histoire et la Grande Guerre en pleine gueule de seize à vingt ans, tu m’as donné de quoi cultiver ma solitude. Je t’en suis infiniment gré. (p.131)

Sachant que de la peine de ton fils, comme de celle de tous tes enfants, tu ne voulais rien connaître. J’étais celle qui prend soin des autres. Cela me donnait une place dans ce monde dont, toi, tu ne voulais pas. (p.143)

Tu n’as jamais mangé les lotos (de l’Odyssée). Tu as gardé le passé vivant jusqu’à ta mort. Quelle douleur ! (p.173)

https://alexmotamots.fr/labsente-de-tous-bouquets-catherine-mavrikakis/