Une vie entière
EAN13 : 9782848051949
ISBN :978-2-84805-194-9
Éditeur :Sabine Wespieser Éditeur
Date Parution :
Collection :Littérature
Nombre de pages :160
Dimensions : 18 x 14 x 1 cm
Poids : 186 g

Une vie entière

De

Traduit par

Bien souvent dans le restant de sa vie, Andreas Egger repensera à ce matin de février dix-neuf cent trente-trois où il a découvert le chevrier Jean des Cornes agonisant sur sa paillasse. Dans une hotte arrimée à son dos, il l’a porté au village, sur un sentier de montagne de plus de trois kilomètres enfoui sous la neige. Pour se remettre d’aplomb après cette course hallucinée, il fait halte à l’auberge : quand le corsage de Marie, la jeune femme qui lui sert son schnaps, effleure son bras, une petite douleur l’envahit tout entier.

Andreas Egger a déjà trente-cinq ans alors, et il a construit sa vie tout seul : orphelin, il a été recueilli à quatre ans par une brute dont les coups l’ont rendu boiteux. Malgré cela, comme il le dit à Marie au moment de lui demander sa main : un homme doit « élever son regard, pour voir plus loin que son petit bout de terre, le plus loin possible. »

Aussi prend-il part à l’aventure des téléphériques, qui vont ouvrir sa vallée à la modernité, avant d’être envoyé sur le front de l’Est, dans les montagnes du Caucase. À son retour, « le maire n’est plus nazi, à la place des croix gammées les géraniums ornent de nouveau les fenêtres des maisons » et les étables vidées de leurs bêtes abritent les skis des touristes.

Pris par la force visuelle de certaines scènes – la déclaration d’amour à Marie est un morceau d’anthologie –, et par une langue sobre et rythmée où chaque mot est pesé, on ne lâche pas ce saisissant portrait d’un homme ordinaire, devenu bouleversant parce qu’il ne se donne d’autre choix que d’avancer.

Robert Seethaler, né en 1966 à Vienne, est également acteur et scénariste. Il vit à Berlin. Après Le Tabac Tresniek (Sabine Wespieser éditeur, 2014), qui a rencontré en France un très bel accueil critique et public, Une vie entière, élu livre de l’année 2014 par les libraires outre-Rhin, confirme la profondeur de son talent d’écrivain, capable de mener avec une grande simplicité son lecteur au plus près de ses émotions.

Élisabeth Landes (Traduction) a également contribué aux livres...

Coupable en toute innocence / j'ai grandi parmi les néonazis
Sur commande, habituellement expédié sous 4 à 7 jours ouvrés 19,00 €
Une vie entière

Une vie entière

Robert Seethaler

Folio

En stock, expédié aujourd'hui 6,80 €
Mélodie de Vienne

Mélodie de Vienne

Ernst Lothar

Liana Levi

Indisponible sur notre site
Le tabac Tresniek

Le tabac Tresniek

Robert Seethaler

Folio

En stock, expédié aujourd'hui 7,40 €
Amerigo, récit d'une erreur historique
Sur commande, habituellement expédié sous 4 à 7 jours ouvrés 4,20 €
Chaque jour, chaque heure

Chaque jour, chaque heure

Nataša Dragnić

Flammarion

Sur commande, habituellement expédié sous 4 à 7 jours ouvrés 20,00 €
En savoir plus sur Élisabeth Landes

3 Commentaires 5 étoiles

Identifiez-vous pour écrire un commentaire.

Commentaires des libraires

Vous allez déguster!

5 étoiles

Par . (47° Nord)

Andreas Egger est confié enfant au fermier Kranstocker. Il passe son enfance à se faire battre jusqu'au jour où ce dernier lui brise un fémur. Il restera boiteux toute sa vie. Mais il garde pour principe de toujours regarder loin devant soi pour dépasser les épreuves de la vie. Étant fort, il est embauché par l'entreprise Bittermann & fils pour construire des téléphériques. Il rencontre Marie, qu'il épouse. Envoyé à la guerre dans le Caucase en 1942, il va passer huit ans dans un camp de prisonnier en Russie. De retour au village la station de ski est à la mode. Il va devoir trouver un travail, une maison. C'est alors qu'il devient guide de montagnes.

Avec la pureté de son écriture, Robert Seethaler nous ravi à nouveau avec la destiné d'un homme qui a connu de nombreux coups durs, mais qui a toujours élevé son regard le plus loin possible pour surmonter les épreuves. Un petit bijou!

Marie Nawrot

Commentaires des libraires

5 étoiles

Par .

Une vie, tel aurait pu être également le titre de ce roman ou Une vie simple, tant il raconte celle d'un homme sans éducation, qui s'est construit seul, un homme ordinaire. Egger traverse les deux tiers du vingtième siècle, un peu comme un spectateur. Non pas qu'il fuie le progrès ou les avancées technologiques et sociales, mais ils ne le concernent que peu, isolé dans sa montagne ou dans la vallée. La télé, il n'en a pas l'envie ni les moyens. Le téléphérique, il aide à son implantation, mais ne le prendra quasiment jamais préférant de loin les marches sur les sentiers. La voiture, n'en parlons même pas, tout au plus le car, et encore, juste pour voir du paysage.

Un très beau roman qui m'a fait penser à ceux de Mario Rigoni Stern, écrivain italien des petites choses et des grands espaces montagneux. L'écriture est simple, épurée, et procure beaucoup d'attachement aux personnages et aux lieux. L'émotion est au rendez-vous, dans toutes les pages. Pas de mots superflus, pas de grandes théories. Tout est sobriété, calme et ascétisme. Le silence domine et la montagne l'impose. Egger est taiseux et ça fait un bien fou, un roman loin des tumultes, des cris et de la fureur.

Pas grand chose à dire de plus sur ce court roman (157 pages) qui se lit lentement, qui imperceptiblement trace sa route dans l'esprit des lecteurs et y laisse des marques, une sorte de paix intérieure, de calme, et de respect pour Egger qui aura construit sa vie courageusement et honorablement. Un brave homme. Un type bien. Ce qui pour moi est un double compliment.

La grande peur dans la montagne

5 étoiles

Par .

Il est entré dans nos vies de lecteurs, l’an dernier, grâce à son « Tabac Tresniek », qui racontait, à la veille de la guerre, l’improbable amitié entre un jeune homme descendu de la montagne pour travailler à Vienne et Sigmund Freud. Un récit original, sensible. On pourrait recourir aux mêmes qualificatifs pour « Une vie entière », l’histoire sans fracas d’Andreas Egger, qui construit des téléphériques et vit pour Marie, la jeune serveuse de l’auberge villageoise. Dans ce cinquième roman (le deuxième traduit en français), il n’y a pas un mot de trop; l’écrivain autrichien a à cœur d’aller au plus près de l’épure.

Lire la suite de la critique sur le site o n l a l u