Le roman vrai d'un fasciste français
EAN13
9782358870993
ISBN
978-2-35887-099-3
Éditeur
Manufacture de livres
Date de publication
Collection
DOCUMENTS
Nombre de pages
256
Dimensions
21 x 14 x 2 cm
Poids
430 g
Fiches UNIMARC
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Le roman vrai d'un fasciste français

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Le 4 mai 1978, Henri Curiel, militant communiste et anticolonialiste, membre du réseau Jeanson des “porteurs de valises” est abattu à son domicile parisien. Le 20 septembre 1979, Pierre Goldman, figure de l'extrême gauche des années 1970, est tué par balles à bout portant à quelques mètres de chez lui dans le 13e arrondissement. Ces assassinats qui ne seront jamais élucidés sont signés par une organisation d'extrême droite inconnue : Honneur de la Police. En 2012, peu avant de mourir, un individu discret revendique — à visage couvert — sa participation à l’assassinat de Pierre Goldman. Quant à l’autre "exécution" dont il assume la paternité auprès de quelques proches, elle est pour la première fois révélée dans ce livre. 

Camelot du roi et membre de l'Action française à quatorze ans, René Resciniti de Says est un ancien parachutiste du 9e RCP, puis du 6e RPIMA. Parti guerroyer dans les Phalanges libanaises, et en Afrique aux côtés de Bob Denard, il a également été "instructeur militaire"  en Amérique latine : un "affreux”.

Loin d’être un nervi au front bas, mais ne dédaignant pas l’étiquette de “voyou “,  Resciniti de Says est un authentique marquis italien né des noces bâclées entre une mère chanteuse lyrique et un père aventurier parti très tôt du domicile conjugal sur les Champs-Élysées. En outre, s’il est "monarchiste", dandy aux élégances onéreuses, ses amitiés, elles, ne le sont pas toujours… et sa conduite non plus. La personnalité baroque de René Resciniti de Says — ce lettré peut déclamer des vers, ivre devant l’Institut après une nuit à se battre —, sa vie et sa complexité nous épargnent l’écueil du registre "fana-mili facho" réducteur et sclérosant. D’abord, parce qu’il ne fut pas que cela. Sa vie nous renvoie aussi bien au cinéma qu’à la littérature, deux registres qu’il prisait tant. Où l’on passe allègrement des Quatre-cents coups à La Fureur de vivre — il vouait dans ses jeunes années une adoration à James Dean — à la langue d’Audiard d’un Paris interlope, à Beyrouth sous le feu ; et aux personnages de Blondin à qui il ressemblait tellement à la fin de son existence.

Christian Rol revient sur les assassinats commandités au plus niveau, mais au-delà du document choc et de l’affaire d’État dont il fut la main armée par les "services", il s’immerge aussi dans une jeunesse agitée au cœur des groupuscules politiques de droite : Occident, Ordre nouveau et Action française, qui ensanglantèrent le Quartier latin des années 1960 et 1970 ; et qui furent un vivier riche en gros bras pour les services parallèles du pouvoir de l’époque et en futur leaders politiques de la France d’aujourd’hui. Il donne là un "roman vrai" d’un personnage picaresque avec qui nous voyageons d’un monde à l’autre en embrassant un destin hors norme.
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