Hérétiques
EAN13 : 9782864249610
ISBN :978-2-86424-961-0
Éditeur :Anne-Marie Métailié
Date Parution :
Collection :Bibliothèque Hispano-Américaine
Nombre de pages :608
Dimensions : 24 x 15 x 2 cm
Poids : 804 g
Langue : français
Langue originale : castillan, espagnol

Hérétiques

En 1939, le S.S. Saint-Louis, transportant quelque 900 Juifs qui avaient réussi à fuir l’Allemagne, resta plusieurs jours ancré au large du port de La Havane à attendre l’autorisation de débarquer ses passagers. Le jeune Daniel Kaminsky et son oncle avaient attendu sur le quai l’arrivée de leur famille, sûrs que le trésor qu’ils transportaient convaincrait les fonctionnaires chargés de les contrôler. Il s’agissait d’une petite toile de Rembrandt qui se transmettait dans la famille depuis le XIIIe siècle. Mais le plan échoua et le navire remporta vers l’Allemagne tout espoir de retrouvailles.
Des années plus tard, en 2007, le tableau est mis aux enchères à Londres et le fils de Daniel Kaminsky se rend à Cuba pour savoir ce qui s’y était passé concernant sa famille et le tableau. Il réussit à convaincre le détective Mario Conde de l’aider. Celui-ci, reconverti dans le commerce des livres anciens, découvre que cette toile représentant le visage du Christ était le portrait d’un jeune homme juif travaillant dans l’atelier de Rembrandt et y ayant étudié la peinture, contre toutes les lois des religieux.
Leonardo Padura fait ici un panorama de l’exercice de la liberté individuelle, du libre arbitre à travers diverses époques depuis Rembrandt dans l’Amsterdam du XVIIe siècle décidant de représenter des individus et non des idées, puis le jeune Juif qui ose désobéir au Consistoire et apprend à peindre, et décide ensuite de suivre un nouveau Messie, jusqu’à l’éclosion des tribus urbaines de La Havane où une jeune émo paye de sa vie l’exercice de sa liberté dans une société figée. Leonardo Padura écrit un livre magnifique et profond et se sert de son habileté d’auteur de roman noir pour nous amener, sous la houlette de son héros Mario Conde, à réfléchir sur ce que signifie notre libre arbitre.

4 Commentaires 4 étoiles

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Commentaires des libraires

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5 étoiles

Par . (47° Nord)

1944, un bateau part de Hambourg avec à son bord 350 juifs direction La Havanne.
Batista veut bien les accueillir mais avec une contrepartie financière que personne n'a bien évidemment... sauf une famille qui possède un Rembrandt original qui disparaîtra à ce moment-là.
Le petit-fils, de nos jours, se rend à La Havanne. Le Rembrandt en question réapparaît lors d'une vente à Londres. Il embauche son ami Mario Condé pour faire la lumière sur la disparation de ce tableau.
Une histoire passionnante qui nous emmène aussi au temps de Rembrandt où un enfant juif veut absolument rentrer dans l'école des apprentis de Rembrandt, alors que sa religion le lui interdit formellement.

Un coup de cœur « INITIALES »

Commentaires des libraires

3 étoiles

Par .

Les affaires ne sont guère florissantes pour Mario Conde, le flic reconverti en vendeur de livres rares. Parfois, il a l'impression d'avoir retourné chaque pavé de l'île à la recherche d'un trésor littéraire et que le filon est épuisé. Aussi, quand Elias Kaminsky l'attend un soir devant chez lui avec les poches pleines de dollars et un cold case à élucider, Conde écoute son histoire et accepte la mission. Sur les traces d'un tableau de Rembrandt et d'un meurtrier, l'ex-policier découvre la peu glorieuse histoire du Saint-Louis, un paquebot allemand dont les passages, tous des juifs fuyant le nazisme, furent renvoyés vers l'Europe et la mort après de vaines tractations avec les autorités cubaines. Les parents et la sœur de Daniel Kaminsky, le père d'Elias, n'obtinrent pas l'asile malgré le Rembrandt qui leur servit de monnaie d'échange...
Propriété de la famille depuis le XVIIè siècle, le petit tableau a traversé le temps depuis sa création dans l'atelier du Maître à Amsterdam, la "Nouvelle-Jérusalem" pour le peuple juif persécuté de toute part qui trouva dans cette ville un havre de paix et de tolérance. La toile est un portrait, celui d'un élève de Rembrandt, Elias Ambrosius Montalbo de Avila, un juif qui voulait par-dessus tout être peintre malgré le tabou religieux qui interdisait aux membres de sa communauté de pratiquer cet art.
Peint au XVIIè siècle à Amsterdam, reparu dans une salle des ventes de Londres en 2009, le mystérieux tableau sera pour Conde l'objet d'une enquête dans le passé de La Havane, du temps où les juifs y vivaient en paix avant que la peur de Castro ne les chasse encore une fois vers d'autres horizons. En explorant les secrets de la famille Kaminsky, il fait la connaissance de Yadine, une "emo" en rupture totale avec la société et qui le charge de trouver sa meilleure amie, Judy, disparue depuis plusieurs jours. Le vieux détective découvre alors un autre monde, celui de ces jeunes Cubains qui ont choisi de se marginaliser pour fuir une société qui ne leur convient pas.

C'est toujours un plaisir de suivre les pas de Mario Conde dans les rues de La Havane. La recette de base reste inchangée : réflexions philosophiques de Conde sur la vie, la mort, la politique et l'âge avançant, la vieillesse, petits passages nocturnes entre les draps de la toujours belle Tamara, son amour de jeunesse, repas aussi improvisés que royaux chez Josefina et pour oublier les désenchantements, cuites mémorables avec sa bande de copains aussi (mal) barrés que lui. Ce qui diffère ici c'est la division en trois livres très différents et dont le point commun est l'hérésie. Vaste concept qui amène ses personnages à vivre différemment des membres de leur communauté et à se battre pour leur liberté. De Daniel qui renie son judaïsme pour se glisser dans la beau d'un cubain à Elias qui s'oppose à son rabbin en voulant peindre, jusqu'à Judy qui refuse de se fondre dans la masse et invente ses propres codes, ils ont tous fait leurs propres choix de vie, pensant ainsi, à tort ou à raison, accéder au bonheur. Outre l'hérésie, l'autre grand thème de ce roman est le sort réservé aux juifs à travers les lieux et les époques.
Ajoutés à la recette de base tous ces ingrédients rendent malheureusement le menu un poil indigeste. Trop de longueurs, trop de détails, trop de thèmes et un troisième livre carrément dispensable ou qui aurait pu faire l'objet d'un opus à part. Bilan mitigé après une lecture instructive mais fastidieuse.

4 étoiles

Par .

Quel roman, les amis, quel roman ! Leonardo Padura nous promène dans les rues de La Havane, puis dans celles d'Amsterdam du 17° avec autant de verve. Extrêmement documenté, c'est un pavé qui se lit avec avidité. Construit en quatre parties : Le livre de Daniel, Le livre d'Elias, le livre de Judith et Genèse, références bibliques obligent. Je dois vous dire que malgré mon plaisir de retrouver Mario Conde, j'ai senti beaucoup de lourdeurs et de longueurs dans ce roman. Les deux seules parties qui m'ont vraiment intéressé sont celles ou Conde enquête (Le livre de Daniel et Le livre de Judith). Celle qui concerne Rembrandt (Le livre d'Elias) m'a paru très longue, et j'y ai passé beaucoup de paragraphes sans que cela ne nuise à ma bonne compréhension de l'intrigue du roman. Je reste persuadé que l'on peut aimer et même conseiller un livre alors qu'on ne l'a pas lu en entier, surtout celui-ci qui aurait pu faire trois livres différents, édités individuellement.

Mario Conde est né au mitan des années cinquante, juste avant la révolution, il n'a donc connu quasiment que le règne de Castro dans lequel la religion était interdite. C'est pourquoi, il se pose énormément de questions sur la croyance religieuse. Ses recherches le feront rencontrer des juifs pratiquants, des non-croyants, d'autres qui reviennent à la religion après l'avoir quittée, puis dans la troisième partie, des jeunes gens en recherche d'identité, émo, rockeurs, ... qui amalgament toutes leurs lectures et leur éducation et ressortent le tout en un galimatias à peine compréhensible de croyance en la mort de Dieu (ce qui tendrait à penser qu'il a existé), au bouddhisme, à la métempsycose, ... : en bon athée (comme Conde), ce ne sont pas des questions qui me taraudent, loin de là, et là encore, j'ai sauté des passages longs et répétitifs. Néanmoins certaines phrases m'ont bien plu : "Parce que , ces jours-ci, certaines choses m'ont fait penser que c'est plus facile de croire en Dieu que de ne pas y croire... Tu te rends compte, si Dieu n'existe pas, aucun Dieu, alors que les hommes se sont toujours détestés et entretués pour leurs dieux et pour la promesse d'un au-delà meilleur... si, en vérité, il n'y a ni Dieu, ni au-delà, ni rien.." (p.501) A écouter aussi, la chanson de Souchon, Et si en plus y'a personne.

J'ai été par contre beaucoup plus intéressé par les questionnements de Conde sur son pays qui change en s'ouvrant mais pas forcément pour un mieux-être des Cubains, la jeunesse est en perdition, ne rêve que d'argent facile et de rejeter tout ce que leurs aînés ont avalé pendant cinquante ans. De même les doutes de Conde quant à son engagement auprès de Tamara la femme qu'il aime depuis vingt ans sont intéressants et attendrissants de la part de ce cinquantenaire habitué aux situations difficiles et très emprunté devant la femme qu'il aime.

Ce roman absolument fou et flamboyant recèle des trésors, même s'il contient également des obstacles. Leonardo Padura a mis trois ans pour l'écrire, mais étant donné l'érudition, la qualité du style et des informations apportées, nul ne saurait s'en étonner. Très bonne lecture, même si pour moi, elle reste très en-deçà d'un de ses romans précédents, excellentissime, L'homme qui aimait les chiens.

4 étoiles

Par .

La Havane, 1939 "une ville, où, pire encore, chaque soir à neuf heures précises, un coup de canon résonnait sans qu'il y ait de guerre déclarée ou de forteresse à fermer et où toujours, invariablement dans les époques prospères comme dans les moments critiques, quelqu'un écoutait de de la musique, et en plus, chantait", le jeune Daniel Kaminsly d'origine polonaise vit chez son oncle paternel Joseph appelé Pepe Cartera arrivé à Cuba des années plus tôt. Daniel s'apprête à vivre une journée particulière : ses parents et sa sœur doivent arriver par mer sur le S.S. Saint-Louis. Un bateau transportant presque mille juifs qui ont réussi à fuir l’Allemagne. Mais le bateau reste à quai pendant plusieurs jours avec ses passagers et est renvoyé à son point de départ avec la mort au bout du compte. Les parents de Daniel avaient avec eux un tableau de très grande valeur appartenant à leur famille depuis plusieurs générations et signé de Rembrandt.

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