EbookLes chemins de la mer, Saint-Tropez : petit port méditerranéen (XVIIe-XVIIIe siècles)
Éditeur :Presses universitaires de Rennes
Date Parution :
Collection :Histoire
Langue : français

Les chemins de la mer

Saint-Tropez : petit port méditerranéen (XVIIe-XVIIIe siècles)

EAN13 : 9782753567269

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Saint-Tropez, « pittoresque port de pêche », « aimable port de cabotage ».
Saint- Trop’, « fille de la mer » et station balnéaire internationale... Les
clichés et les réalités sont connus qui écrasent un passé maritime réduit aux
labels de cité « corsaire » ou « du bailli ». Pourtant Saint-Tropez, petit
port d’un complexe portuaire centré sur Marseille, a connu de la fin du XVIIe
siècle au début du XIXe siècle, un temps de croissance de l’espace urbain et
de la population en réponse au dynamisme de la vie maritime. Plus de la moitié
de la population active masculine est alors composée de marins soumis au
service des classes sur les vaisseaux du roi. À côté d’une petite pêche
côtière aux techniques traditionnelles qui ne mobilise qu’un nombre réduit de
travailleurs, des fermiers exploitent des pêcheries fixes ou madragues pour la
capture des thons, source de revenus et objets de longs conflits. Toutefois
Saint-Tropez est avant tout un port d’armement qui dispose d’une flotte
marchande importante – la troisième en nombre et en tonnage de la France
méditerranéenne au XVIIIe siècle –, variée et en constant renouvellement,
issue de chantiers locaux ou voisins. Ces bâtiments de mer sont mis au service
d’un petit cabotage pour approvisionner la cité relativement isolée et
distribuer les ressources de terroirs voisins (bois, vin, châtaignes, liège).
Les navettes, lignes et circuits établis entre le Languedoc, la Provence, la
rivière génoise et la Toscane dessinent les contours de cet espace marchand et
rendent compte d’un grouillement le long des rives méditerranéennes.
Cependant, si le cabotage de proximité anime le mouvement portuaire, les
expéditions vers le Levant demeurent fondamentales. La caravane maritime,
forme de tramping dans le bassin oriental de la Méditerranée et vers l’Afrique
du nord, donne les impulsions majeures à la vie de la cité, jusqu’à définir le
XVIIIe siècle tropézien. Dans ce type de navigation, où se mêlent transport et
négoce, les capitaines, colporteurs ou « vagabonds des mers » à l’instar du
modèle génois, sont les pivots d’entreprises originales. Ces capitaines
aventuriers, qui pratiquent la « cueillette » dans les eaux ottomanes, sont au
cœur d’organisations marchandes qui apportent aux sociétés des petits ports
d’armement la flexibilité indispensable pour se glisser dans les interstices
laissés libres par Marseille. Le cas de Saint-Tropez tend à montrer combien un
petit port peut être un observatoire et le miroir des mutations des sociétés
littorales et des économies maritimes considérées sur le temps long.

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